Michel Sardou (né le 26 janvier 1947, à Paris) est un auteur, compositeur et interprète français. Fils des comédiens Fernand Sardou et Jackie Sardou, il s'est également essayé, en tant qu'acteur, au cinéma et au théâtre. Il compte, depuis les années 1970, parmi les chanteurs français les plus populaires, à en juger par ses ventes de disques et l'affluence lors de ses tournées, mais aussi les plus controversés. En plus de quarante ans de carrière, il a fourni une œuvre impressionnante (23 albums studio, plus de 300 chansons), et inscrit au patrimoine de la chanson française plusieurs succès majeurs, tels que Les lacs du Connemara ou La maladie d'amour.
Michel Sardou est l'héritier d'une longue tradition familiale de spectacle. Ses grands-parents paternels étaient comiques de scène à Marseille ; sa grand-mère maternelle était danseuse. Il passe son enfance dans des cabarets parisiens et suit ses parents en tournée.
Sa situation scolaire peu brillante et la vie qu'il mène, entre coulisses et salles de spectacles, le poussent petit à petit à envisager d'arrêter ses études. En 1963, âgé de 16 ans, il projette de s'enfuir au Brésil pour monter une boîte de strip-tease. Son père Fernand le rattrapera in extremis à l'aéroport. Son fils lui annonce alors son envie de travailler et de quitter l'école.
Serveur dans le cabaret de son père, il fait ses premières armes sur scène et rencontre alors Michel Fugain, passe une audition chez Barclay, et décroche son premier contrat.
Michel Sardou débute dans la chanson en 1965 avec Le Madras, co-écrite avec Michel Fugain et Patrice Laffont. Cette chanson lui offre un premier passage à la télévision, mais tombe rapidement dans l'oubli. S'ensuit une série de 45 tours, qui font petit à petit connaître ce nouveau venu dans la chanson (il n'a pas encore 20 ans), sans pour autant rencontrer de véritable succès commercial.
Sa carrière est réellement lancée en 1967, grâce à une censure : alors que la France est sortie de l'OTAN un an plus tôt, et que la guerre du Viêt Nam provoque une vague d'anti-américanisme en France, Michel Sardou sort Les Ricains, chanson qui insiste sur le devoir de reconnaissance envers les États-Unis, sans qui, d'après lui « Vous seriez tous en Germanie[1]/À parler de je ne sais quoi/À saluer je ne sais qui », claires allusions à la Libération de 1944 par les forces alliées. La chanson n'est pas du goût du Général de Gaulle, qui « déconseille » sa diffusion sur les ondes.
Cet épisode confère au chanteur une notoriété nouvelle. Elle jette surtout les bases de son style futur. Entre 1967 et 1970, il peinera néanmoins à rencontrer un franc succès.
Devant l'enchaînement de 45 tours au succès très mitigé, Eddie Barclay, qui le produit à l'époque, décide en 1969 de résilier son contrat, ne l'estimant « pas fait pour ce métier ».
Il crée alors, avec Jacques Revaux, qui deviendra son plus fidèle compositeur, et Régis Talar, le label Tréma, qui produira désormais ses disques.
1970 est l'année qui le propulsera véritablement au rang de vedette. Il enregistre son premier album, J'habite en France, dont est extrait le 45 tours qui deviendra son premier grand succès radiophonique et commercial : Les bals populaires. Alors qu'il n'en voulait initialement pas, cette chanson le place en première place du hit parade. Il retrouvera cette place à deux reprises dans l'année, avec les tubes J'habite en France et Et mourir de plaisir.
Le style de l'album J'habite en France , qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros en 1971, vaut à Sardou d'être classé dans la catégorie « chanteur populaire ». La chanson du même nom l'impose même comme le chantre de la « France profonde » aux yeux des médias. C'est une image dont il ne se débarrassera jamais au cours de sa carrière, bien qu'il ne se soit pas éternisé dans le registre de la chanson à boire.
Les bals populaires ont cependant ouvert la voie à une décennie de succès permanent : à chaque sortie d'album, Sardou se hisse dans les premières places du hit parade. C'est le cas avec Le rire du sergent (1971), Le surveillant général (1972), et en 1973, avec La maladie d'amour. Cette chanson reste à ce jour son plus gros succès radiophonique, l'album homonyme restant 21 semaines en tête des ventes, un record pour l'époque. Cette réussite sera confirmée par le succès rencontré par les chansons qui suivront : Les vieux mariés, Les villes de solitude (1973), Une fille aux yeux clairs (1974).
Tout en s'affirmant comme une grande star de la chanson française, puisqu'il réalise en 1971 son premier spectacle à l'Olympia, Michel Sardou fait l'objet de polémiques de plus en plus vives. Des voix féministes s'élèvent contre les chansons Les villes de solitude, où Sardou affirme avoir « envie de violer des femmes », et Les vieux mariés.En novembre 1975 sort le 45 tours Le France, dans lequel Sardou prend la parole au nom du paquebot du même nom, alors toujours amarré à un quai du port du Havre dans l'attente de son désarmement. La chanson se vend à plus d'un million d'exemplaires Mais ce succès annonce en réalité un album qui causera à son auteur bien des désagréments: La vieille.
Début 1977, plusieurs comités Anti-Sardou se forment, avec pour but d'empêcher le chanteur de donner ses récitals au cours de sa tournée qui commence en février 1977 : ils organisent des manifestations en province contre sa venue, l'accueillent par des insultes à son arrivée, peignent des croix gammées sur les véhicules de sa caravane, distribuent des tracts très virulents. Une bombe est même retrouvée dans la chaufferie de Forest National, à Bruxelles. Michel Sardou finira par décider d'annuler les quatre dernières dates de sa tournée. Ceci n'est-il pas scandaleux ????Devant l'ampleur des évènements, Michel Sardou prend du recul avec la chanson. Il décide de revenir dès 1977, mais semble délaisser la provocation et la prise de position politique. Les albums de 1977 et 1978 (qui lui permettent d'enregistrer des records de vente, preuve que les événements récents n'ont pas altéré sa popularité) font la part belle à l'introspection, au retour vers l'enfance et à l'amour (Dix ans plus tôt, En chantant, Je vole...).
Les albums de 1979 et 1980, qui poussent plus loin cette logique intimiste et personnelle, marchent moins bien que les précédents.
Des rumeurs circulent d'ailleurs un temps sur une éventuelle maladie grave, car Sardou se fait plus rare dans les médias. Il semble que les événements de 1976 l'aient durablement affecté.
Une vie que l'on pourrait croire heureuse, mais qui a été, en réalité, très difficile et douloureuse...